Régiments suisses au service étranger

Entre mercenariat, neutralité et diplomatie

Un million de soldats suisses sont allés grossir les rangs des armées des cours européennes, de la fin du Moyen Age au XIXème siècle. Le Château de Morges retrace leur histoire dans son exposition permanente revisitée.

A l'époque moderne, et plus particulièrement après la Réforme (XVIe), les Ligues suisses sont incapables de s'entendre sur une ligne politique commune. Cela se ressent dans la pratique du mercenariat : pratique ancienne, à la limite de la légalité, celle-ci est récupérée et réorganisée par les élites helvétiques qui en font une activité économique rentable. Plusieurs grandes familles ont ainsi pu faire fructifier leurs affaires et se construire d'importantes fortunes.

Les retombées économiques sont importantes également pour les communes, bénéficiaires des "pensions" versées par les employeurs étrangers. Celles-ci pouvaient représenter, pour les communes des cantons catholiques, jusqu'à la moitié des recettes publiques régulières - proportion en baisse avec le développement de la fiscalité depuis le XVIIIe siècle. Ces rentrées témoignent de la réputation des troupes militaires helvétiques, prisées par les grandes cours d'Europe.

Le service de France, le plus prestigieux de tous les employeurs, s'étend sur plusieurs siècles. Les troupes suisses composent ainsi le noyau de l'armée, chargées notamment de la protection du souverain. En outre, les "Suisses" servent en Hollande, à Naples, en Espagne et ailleurs en Europe, jusqu'à former la célèbre garde pontificale.

L'exposition permanente «Fidelitate et Honore - Régiments suisses au service de l’équilibre européen» retrace ainsi ce parcours complexe, tissé d'intérêts économiques, politiques, diplomatiques et culturels importants, et interroge le rôle de la Suisse dans le monde.

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