2016

Armatus Corpus

10 juin au 4 décembre

 
 
Cette exposition propose de découvrir l'évolution de la pratique militaire de la maison de Savoie, qui régna sur la Suisse romande de 1207 à 1536 et construisit le Château de Morges.
 

 
 

"Armatus Corpus" - le "corps armé" - désigne les armes et armures du prince, le cercle de chevaliers qui lui sont proches,
ou encore ses soldats. Cette pluralité de significations traduit
la volonté du seigneur d'identifier ses vassaux avec sa puissance
guerrière. Lors d'un conflit, il fera donc usage de son "Armatus Corpus" pour asseoir sa domination. Mais quelle matérialité avaient ces différents aspects du corps armé ? Quelles représentations des hommes d'armes ont traversé le temps ? Quelles armes maniaient le seigneur, le chevalier, et le simple soldat ?
 
Armatus Corpus, l'exposition temporaire montée au château
de Morges en 2016, donne à voir tout cela, et à y réfléchir :
des armes qui évoluent avec la découverte de nouvelles techniques de combat, des armures qui suivent ces progrès et se complexifient, jusqu'à ce que l'usage de l'arbalète, puis de l'arquebuse, rende obsolète les protections de corps et pousse le seigneur à rester hors du champ de bataille. Dès lors, armes et armures délaissent leur fonction première et n'ont plus valeur que de symbole - servant désormais à l'apparat.
 
Une très belle sélection d'objets historiques permet de s'interroger sur le rôle de l'arme et de la violence dans les sociétés médiévale et moderne, tout en révélant le soin avec lequel ces pièces ont été réalisées, car on est face à de véritables prouesses esthétiques. Pour compléter l'exposition, une dizaine de pièces ont été reconstituées pour permettre aux visiteurs d'essayer une cotte de maille, des casques, des cuirasses, des gantelets et une épée, et ainsi de ressentir le poids de l'équipement qu'emportait tout chevalier avec lui.
 
Notons enfin que l'expression "Armatus Corpus" est tirée des registres de comptes de la maison de Savoie, dont les scribes rédigeaient un latin tardif bien éloigné de la langue
de Cicéron - ignorant ainsi que ce dernier l'aurait écrite,
conformément aux déclinaisons du latin classique, "Armatum Corpus".